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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

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geons ensemble et d’un même cœur. Nous tâchons de nous donner de l’espoir les uns aux autres, et souvent c’est le plus désolé qui s’efforce de consoler les autres.

Aimez-moi toujours, mon enfant. La douleur doit rapprocher et resserrer les liens de l’affection. Je vous bénis bien tendrement, ainsi que Solange et Désirée. Mes enfants vous embrassent.


CCCIII

À JOSEPH MAZZINI, À MALTE


Nohant, 24 juillet 1849.


Ô mon ami ! l’affection est égoïste, et, quand j’ai appris ce triste dénouement, mille fois plus triste pour la France que pour l’Italie, je confesse que je ne me suis d’abord inquiétée que de vous.

Que Dieu me le pardonne, et vous aussi, qui êtes un saint ! Un ami que j’ai à Toulon m’a écrit, avant tout, que vous étiez en sûreté, et je l’ai mille fois béni.

Vous pensez bien que, d’ailleurs, j’ai le cœur brisé. Quelque innocent qu’on soit du crime d’une nation à laquelle on appartient, il y a une sorte d’intime solidarité qui fait passer dans notre propre cœur le remords que devraient avoir les autres. Oui, le remords et la honte. Moi qui étais si fière de la France en février !