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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

fût pas tuée par le mauvais vouloir. Elle avait fait pourtant gagner beaucoup d’argent à ce théâtre ruiné, et, la veille encore, la salle était pleine. Je ne sais pas ce qu’il y a dans ces arcanes de la coulisse. Je laisse la gouverne à mon ami Bocage, qui fait de son mieux, mais qui ne peut lutter contre le diable. J’ai donc retiré fort peu d’argent de Claudie. Nous comptions sur cent représentations, et nous sommes loin de compte. Nous aviserons à la faire jouer sur un théâtre plus honnête, s’il y en a, et je prépare une autre pièce ; car, mes petites dettes payées, me voilà pauvre comme devant et travaillant toujours sans pouvoir me reposer.

Je voudrais vous écrire longuement. C’est impossible ce soir, et je veux pourtant vous répondre par le courrier.

Je ne connais pas M. Lugi Bordèse. S’il a fait quelque chose sur des paroles de moi, s’il m’a écrit, si je lui ai répondu, je n’en ai pas souvenance. Donc, en tout cas, je ne le connais guère. Je ne sais pas quelle affaire il vous propose ; je ne connais pas du tout ces arrangements de publication musicale. Renseignez-vous et ne livrez pas légèrement votre avoir littéraire, sans savoir de quoi il s’agit. Savez-vous que, si Claudie m’avait rapporté dix mille francs nets, mes dettes payées, je comptais vous dire de venir bien vite bâtir un atelier à Maurice ? Je ne voulais pas vous le dire avant de savoir si je le pourrais, et j’ai bien fait de ne pas porter vos idées et vos projets sur ce travail, puis-