Page:Sand - Flamarande.djvu/292

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du salon, que je soulevai facilement ; avec quelle joie je revis la lumière du jour !

Mais je baissai précipitamment cette trappe et retins ma respiration. On parlait dans la maison, et je saisissais la voix élevée d’Ambroise résonnant dans la cage de l’escalier. Les réponses de Salcède étaient monosyllabiques, mais c’était bien sa voix, je n’en pouvais douter. Ils étaient rentrés par le dehors pendant que je m’égarais dans le souterrain, ou bien ils avaient passé par cette voie pendant que je la perdais pour aboutir à l’issue donnant sur le torrent.

J’entendis bientôt que l’on marchait dans le salon, et je saisis distinctement les paroles.

— Qui donc a ouvert cette fenêtre ? disait Yvoine.

— Tu auras oublié de la fermer, répondait Salcède.

On ferma la fenêtre, et Ambroise reprit :

— À présent, vous devriez faire un bon somme, monsieur Alphonse ; vrai, vous êtes fatigué.

— Un peu en effet ; je vais dormir une heure, je travaillerai après.

— Si vous aviez faim, voilà le panier, que j’ai apporté.

— Laisse-le là, merci. N’oublie pas que l’enfant ne doit pas venir ici, c’est trop loin.

— Je le ferai patienter.

— Je le verrai à trois heures. Prends par l’espélunque, c’est plus court.