Page:Sand - L Autre.djvu/121

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HÉLÈNE.

Une réparation !… Est-ce que l’argent peut réparer le désastre de mon cœur ? Est-ce qu’il peut rendre la vie à ma mère et l’honneur à sa tombe ? Est-ce qu’il peut effacer le mensonge qui m’a fait entrer ici ?


MAXWELL.

Ce mensonge, sachez-le, c’est l’époux de votre mère qui l’a commis, ce fut sa vengeance de vous arracher à votre père !… Mais vous avez raison, Hélène, l’argent ne rachète pas l’honneur et ne réchauffe pas la cendre des morts ! Seulement, après les années qui apportent aux vivants la douleur et le mérite de l’expiation, le fruit d’un noble et ardent labeur est le témoignage d’une incessante sollicitude. Votre père a consacré sa vie, son intelligence, toutes les forces de son être à racheter votre indépendance, et votre dignité, aujourd’hui froissées. Ce malheureux dont vous ne voulez pas même savoir le nom, n’a pas voulu connaître d’autre devoir, d’autre famille que vous. Pour vous, il a contemplé, seul et face à face, le spectre navrant du passé. Aucun nouvel amour n’est venu se placer entre lui et ce déchirant souvenir ! Aucune douce vision d’enfant n’a jamais pris, dans ses rêves, une autre forme que la vôtre ! Aura-t-il donc vécu d’une illusion et, plus sévère que Dieu même, lui défendrez-vous de réparer le mal qu’il a commis ?


HÉLÈNE.

Mon Dieu !… il a donc survécu ?…


MAXWELL.

Oui !


HÉLÈNE.

Il vit peut-être encore ?


MARCUS.

Non !


HÉLÈNE.

Tu me trompes, il vit !