Page:Sand - La Famille de Germandre.djvu/242

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comme les nénufars de ses eaux dormantes ! Allons, c’est bien heureux pour moi ; car, si elle était tant soit peu passionnée, je serais amoureux d’elle, et ce serait un grand malheur pour tous deux.

Octave se trompait absolument. C’est l’absence de passion, c’est la force tranquille qui donnaient à Corisande un ascendant subit et comme un empire mystérieux sur son esprit incertain et frondeur. Elle était la seule femme qui eût pu lui donner du bonheur, parce qu’elle était la seule femme qui eût pu, grâce à son jugement sain et à son humeur patiente, ne pas s’irriter des défauts d’un époux capricieux, attendre la guérison de sa maladie morale, y contribuer par la douceur et ne pas se trouver malheureuse avec lui. À un caractère vétilleux et tourmenté, il faut l’influence d’une âme sans orage gouvernée par la raison plus que par l’émotion, par la bonté plus que par la sensibilité.