Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/214

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Les deux chambres dont se compose le rez-de-chaussée ont un caractère tel, qu’il est facile de voir combien elles sont vierges de tout changement. Elles sont peintes à fresque et simulent une décoration architecturale des plus simples : fond nankin, encadrements roses, balustres gris à milieu jaune ; avec les plafonds à solives peintes en gris et les lambris granités en rose pâle, l’effet général, encore assez frais, est sérieux et doux. Le dessin linéaire n’est pas d’un mauvais style. Les portes, composées de morceaux grossièrement rapportés et reliés inégalement par des traverses en relief, avec des ferrures massives, sont d’une ancienneté incontestable. Un grand bahut en chêne noir, une petite table en marqueterie, la même qui a servi aux études passionnées de Rousseau (on se rappelle qu’à cette époque il perdit beaucoup de temps et se rendit malade à vouloir devenir fort aux échecs), deux tableaux et le petit piano appelé alors épinette, voilà ce qui reste du mobilier dépendant de la maison louée à madame de Warens par M. Noerey.