Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/217

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Rousseau a si noblement et si purement décrit. Le souvenir des allants et venants me gâte un peu la grande pièce. Le petit salon me représente mieux les jours que Rousseau a si bien racontés. Je croyais retrouver le passage de ses yeux rêveurs sur les moindres détails de la muraille ; mais je l’ai surtout cherchée avec émotion, cette trace, cette lueur magique, dans la suave et fière nature qui entourait l’ermitage, dans le coteau ombragé, dans le hardi profil du Nivolet qui se découpait sur le ciel brillant et pur.

Il n’a su décrire que beaucoup plus tard, mais certes il sentait déjà profondément ; il voyait ces tableaux enchanteurs dont il a dit depuis : « Je revenais, en me promenant, par un assez grand tour, occupé à considérer avec intérêt et volupté ces objets champêtres dont j’étais environné, les seuls dont l’œil et le cœur ne se lassent jamais. »

Baignons-nous donc ici, artistes que nous sommes, dans ce communisme de la pensée que les lois sociales ne poursuivent ni ne créent, parce que c’est une loi humaine hors de toute atteinte et