Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/359

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ce qu’il pouvait dire, et il ne pouvait rien dire de plus beau.

Alors, je me levai sans peine pour continuer ma promenade, et je pus rejoindre Lothario, qui étudiait les tourbillons impétueux de la Creuse aux prises avec ses sombres blocs de diorite, et qui s’amusait de l’obstination vaillante des saumons à remonter le courant formidable.

— Eh bien, me cria-t-il, as-tu trouvé ce que dit le ruisseau ?

— J’espère, répondis-je, que tu l’entendras toi-même quand tu voudras ; car il dit une belle chanson que Dieu lui a apprise, et, s’il n’est pas toujours possible à l’homme de comprendre l’hymme de la nature, il lui est toujours permis de le deviner.

— Poésie ! dit-il en levant les épaules, horreur du vrai !

— Non pas, répondis-je, culte du vrai, mais traduction libre !

Gargilesse, avril 1868.


FIN