Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/50

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égaré et confus. Moi, je suis bien certaine que tu n’étais pas ivre, et que ceci est un petit coup de sang produit par l’abus d’un travail ingrat.

― Ô ma chère Laura, lui dis-je avec effort en appuyant mes lèvres sur sa main, comment peux-tu appliquer le mot de travail ingrat à l’admirable voyage que nous avons fait ensemble dans le cristal ? Rends-moi cette resplendissante vision des océans d’opale et des îles de lapis ! Retournons aux verts bosquets de la chrysoprase et aux sublimes rivages de l’euclase et de la spinelle, ou aux fantastiques stalagmites des grottes d’albâtre qui nous invitaient à un si doux repos ! Pourquoi as-tu voulu me faire franchir les limites du monde sidéral et me faire voir des choses que l’œil humain ne peut supporter ?

― Assez, assez ! dit mon oncle d’un ton sévère. Ceci est la fièvre, et je te défends de dire un mot de plus. Va chercher le médecin, Walter ; et toi, Laura, continue à lui rafraîchir le cerveau avec des compresses.

Je crois que je fis une espèce de maladie et beau-