Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/51

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coup de rêves confus dont les visions ne furent pas toujours agréables. La présence assidue du bon Walter me jetait précisément dans d’étranges terreurs. C’est en vain que j’essayais de lui prouver que je n’étais pas fou, en lui faisant une relation fidèle de mon voyage dans le cristal ; il secouait la tête et levait les épaules.

― Mon pauvre Alexis, me disait-il, c’est une chose triste et vraiment humiliante pour tes amis et pour toi-même, qu’au milieu d’enseignements sains et rationnels, tu te sois épris jusqu’au délire de ces misérables gemmes, bonnes tout au plus pour amuser les enfants et les amateurs de collections. Tu confonds tout dans ta cervelle, je le vois bien, les matières utiles avec les minéraux dont l’unique valeur est la rareté. Tu me parles de fantastiques colonnades de plâtre et de tapis de mousse en plomb phosphaté. Il n’est pas besoin de subir le charme de l’hallucination pour voir ces merveilles au sein de la terre, et les filons des mines offriraient à tes yeux, avides de formes bizarres et de couleurs suaves et brillantes, les trésors de l’an-