Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/169

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DIANE. — Tu me persuades, va ! qu’il vienne tout de suite, et tu porteras une partie de notre dîner à ce pauvre Gérard, comme si cela venait de toi.

JENNY. — Vous trouvez-vous bien arrangée ?

DIANE. — Attends, donne-moi un peu de rouge.

JENNY. — Non, monsieur Jacques vous trouvera mieux, pâle comme vous êtes.

DIANE. — Ah çà ! tu veux donc que je plaise à monsieur Jacques ? Eh ! ce n’est peut-être pas si facile ! un vieux philosophe ! — Oui, décidément, j’ai l’air plus intéressant comme je suis.




SCÈNE XIII


En bateau


MAURICE, DAMIEN, EUGÈNE.


MAURICE. — Felix qui potuit rerum

EUGÈNE. — Est-il embêtant, mon capitaine, quand il parle latin ! (À Damien.) Chante-lui une barcarolle, toi qui en sais tant !

DAMIEN, chantant. — Allons enfants, de la patrie !

MAURICE. — Cognoscere causas.

EUGÈNE. — Est-ce que tu l’as trouvé bon, toi, le vin de la lorette ?

DAMIEN. — À présent qu’il est bu, il faut bien dire qu’il se laisse boire, mais c’est de la tisane à vingt sous la bouteille.

MAURICE. — Bah ! c’est ce qu’elle a pu trouver de mieux dans le village ; et comme nous avons corrigé cette liquoreuse boisson par l’apparition opportune du vieux rhum de notre cave, nous pouvons dire que, somme toute, si nous sommes légèrement gris, c’est avec la décence et la bonne tenue qui caractérisent le pompier français !

EUGÈNE. — Gris ? hélas ! Est-ce que nous le sommes ?