Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/266

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FLORENCE, la relevant. — Qu’est-ce donc, mon Dieu ! Jenny, vous souffrez ?… Est-elle morte ? Ô Dieu de bonté ? non ; vous voulez qu’elle vive et que je sois heureux un jour ! (Il la porte sur un banc.) Jenny, chère Jenny, revenez à vous ! ne souffrez pas… Mon Dieu, que faire ?

JENNY, revenant à elle. — Qu’est-ce donc, monsieur Florence ? Comment suis-je venue ici ? J’étais là-bas tout à l’heure !

FLORENCE. — Vous êtes malade, Jenny ? Vous souffrez beaucoup ?

JENNY. — Oui, j’étouffe, je ne sais pas ce que j’ai… Je suis tout étourdie !

FLORENCE. — Êtes-vous sujette à vous évanouir.

JENNY. — Non, jamais… Ce n’est rien… C’est que je n’ai pas dormi depuis deux nuits… à cause de madame… et puis l’air du matin, je crois… J’ai froid, je vais rentrer.

FLORENCE. — Oui, vous tremblez. Laissez-moi vous donner le bras, vous vous soutenez à peine.

JENNY. Oh ! non… Ce n’est rien… je peux marcher… Merci… Adieu !

FLORENCE. — Attendez ! Tenez, voilà Marotte qui vous cherche, elle vous reconduira au château. Venez ici, mademoiselle Marotte ! Voyez, mademoiselle Jenny est malade. Ayez soin d’elle, n’est-ce pas ?

MAROTTE, accourant. — Oh ! la pauvre enfant, je le crois bien qu’elle peut être malade ! Depuis deux jours qu’elle ne boit ni ne mange ! Venez avec moi, ma petite Jenny ! Vous avez des peines, j’en suis sûre ! Eh ! mon Dieu, est-ce qu’il faut se faire du mauvais sang comme ça ! Appuyez-vous, prenez mon tartan. Vous êtes toute gelée ! Venez, mon cœur, j’aurai bien soin de vous. Pauvre colombe du bon Dieu. (À Florence.) Ah ! oui, c’en est une, elle ! de colombe du bon Dieu !

(Elle l’emmène).

FLORENCE, les suivant de loin. — Ô Jacques, que n’êtes-vous déjà de retour :