Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/309

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DIANE. — Je vous le rendrai tout à l’heure.

FLORENCE, à Jenny, à demi-voix. — Eh bien, mademoiselle Jenny, est-ce que vous êtes toujours souffrante ? Vous êtes triste ?

JENNY. — Mon Dieu, qu’est-ce que cela fait, monsieur Florence, que je sois triste ou gaie ! Je vous assure que je ne pensais pas à moi dans ce moment-ci.

FLORENCE. — À quoi donc pensiez-vous ? Est-ce mal de vous le demander ?

JENNY. — Non, je pensais à monsieur Jacques.

FLORENCE. — Et VOUS pensiez…

JENNY. — Regardez donc comme elles sont belles, les demoiselles Brown !

FLORENCE. — Je ne sais pas, je ne les ai pas regardées.

JENNY. — Pourquoi donc ?

FLORENCE. — Je n’y ai pas pensé. Je pensais… à monsieur Jacques, moi aussi !

PIERRE, à Maniche, — À quoi donc que tu penses, hé ! ma grosse ?

MANICHE. — Ma fine, je pensais à toi et à mon parapluie.

LE CURÉ DE SAINT-ABDON, au curé de Noirac — Je me sens en train de rire !

LE CURÉ DE NOIRAC. — Moi, j’ai peur que nous ne soyons censurés d’être venus ici.

LE CURÉ DE SAINT-ABDON. — Bah ! des marionnettes, c’est un spectacle pour les enfants, et, par conséquent, c’est bon pour des curés.

LE CURÉ DE NOIRAC. — Ce n’est pas à cause des marionnettes, ce n’est pas un spectacle. C’est à cause de la maison ; une maison d’artistes ! c’est léger !

LE CURÉ DE SAINT-ABDON. — Bah ! farceur ! vous y dinez toutes les semaines !

LE CURÉ DE NOIRAC. — Oui, mais il n’y a pas tant de monde qu’aujourd’hui. Nous voilà en public !

LE CURÉ DE SAINT-ABDON. — Si on veut faire de nous des chauves-souris qui ne volent que dans les ténèbres, je n’en suis plus et j’envoie promener toute la boutique. Croit-on