Page:Sand - Narcisse, 1884.djvu/274

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Elle lui avait dit que son âme, à elle, ressentirait, jusque dans l’autre vie, les convulsions et les déchirements de la sienne. Et lui, qui longtemps s’était vanté de ne croire à rien, croyait à cette parole et y conformait religieusement sa vie.

Il en consacra la meilleure part à l’éducation morale et au bonheur de Sylvie, donnant toutes ses forces physiques et intellectuelles au travail. Nos affaires ont prospéré. Il est devenu riche, et jouit d’une grande considération. Mais il ne s’est jamais soucié de la fortune et du crédit que pour faire le bien ; et, maintenant qu’il a près de quarante ans, quand sa famille revient encore parfois à l’idée de le marier, il ne répond que par un air de profonde surprise, qui semble dire : « Avez-vous donc oublié que je suis le mari de Juliette, et qu’elle m’attend dans un monde meilleur ? »



fin.




Imprimerie D. Bardin et Ce, à Saint-Germain.