Page:Sand - Souvenirs de 1848.djvu/190

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mettez-moi de vous le dire, hommes politiques, ceci est une grande faute politique. Et pourtant je ne m’y connais pas ; mais cela sauterait aux yeux d’un enfant.

La Commission exécutive se disculpe par un seul mot, clair comme le jour, et simple comme la vérité : Elle a cru ne pas devoir entraver l’action de la justice.

Elle a bien fait de le croire. Elle ne pouvait pas, elle ne devait pas croire le contraire. Quand même l’action de la justice lui eût semblé irréfléchie, elle n’avait pas le droit de la paralyser. L’Assemblée nationale a seule ce droit suprême de juger comme elle l’a fait. Évidemment il y a, de la part de la réaction, une grande mauvaise foi à exiger que la Commission exécutive eût une opinion faite d’avance sur la valeur des soupçons de la justice. Les magistrats eux-mêmes, qui obéissent à ces soupçons sur l’ordre de leur conscience, ont-ils un jugement porté d’avance d’une manière absolue ? Ils demandent à l’Assemblée l’autorisation de s’éclairer davantage, et croient ne pouvoir le faire sans une mise en prévention. L’Assemblée fait deux choses à la fois : elle prononce sur l’inviolabilité de ses membres, et, en même temps elle s’éclaire, durant le débat, sur la gravité des charges de l’accusation. Quel est le fait le plus important dans cet examen rapide, mais sûr, que la discussion soulève ? C’est évidemment la déclaration du maire de Paris. Jusque-là, le maire de Paris ayant laissé planer un soupçon grave sur la présence de Louis Blanc à l’hôtel de ville, depuis le ministre de la