Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/436

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BRÉCOURT.

Qu’importe ! poursuis !


DUPARC.

Eh bien, ce Montfleury, poussé, payé peut-être par les bigots, vient de présenter une requête au roi, par laquelle il accuse Molière d’avoir épousé sa propre fille.


BRÉCOURT.

Qu’est-ce à dire ? Je n’y comprends rien.


MADELEINE.

On prétend prouver que mon amitié pour Molière n’a pas été toujours pure, et qu’au lieu d’être ma sœur, Armande est ma fille… et la sienne.


BRÉCOURT.

Voilà une accusation aussi ridicule qu’odieuse. On prétend prouver ?… à qui, je vous prie ? Est-ce à nous qui avons connu la demoiselle Hervé, votre mère à toutes deux ? à nous qui savons que vous n’avez que dix ans de plus qu’Armande ? à nous qui n’avons même pas besoin de connaître l’honnêteté de vos relations avec Molière, pour constater que les faits, tels qu’ils sont, rendent une pareille calomnie impossible à soutenir ?


MADELEINE.

Aussi n’est-ce point vous qu’on s’efforcera de persuader. C’est le roi.


CONDÉ.

Le roi jettera les yeux sur l’acte de mariage de Molière ; ou croira tout simplement à la parole de Condé, qui a vu dresser et signer cet acte, votre mère vivante et présente. Cela même ne sera pas nécessaire. Le roi ne croira point.


BRÉCOURT.

Que Votre Altesse royale me pardonne un doute ! le roi n’est pas toujours entouré désormais de témoignages irrécusables et l’on peut…


CONDÉ.

Vous avez raison, Brécourt. Je regrette de n’avoir point vu