Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/15

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trop de malheureux, et il ne prend pas assez cher aux richards comme vous !


DUBUISSON, moitié fier, moitié plaintif.

Aux richards ?… Enfin !… Je lui apportais…

Il s’assied à droite du guéridon.

MARIE-JEANNE.

Le prix des visites qu’il a faites, l’an passé, à votre demoiselle ? Il m’avait prévenue de ça, et, pour vous épargner la peine de repasser, voilà son reçu qu’il m’a laissé ce matin ; ça fait-il votre compte ?

Elle a été chercher le reçu dans le cabinet.

DUBUISSON, regardant le papier que Marie-Jeanne lui a remis.

Voyons ! (À part.) Tiens ! il a oublié deux visites. Il tire de l’or de sa poche et le compte sur la table.


MARIE-JEANNE.

Ah çà ! elle est bien guérie, mamselle Cléonice ?


DUBUISSON.

Que trop ! elle a couru les bals tout l’hiver. Ah ! ça coûte les yeux de la tête, la vie de Paris !


MARIE-JEANNE, remontant.

Attendez-moi un petit peu, que je vous plaigne ! Pauvre cher homme !… Dites donc, père Dubuisson !


DUBUISSON.

Hein ?


MARIE-JEANNE.

Peut-être bien que ça vous fâche, que je vous appelle comme ça ?


DUBUISSON.

Non, non ! tu es ma payse !


MARIE-JEANNE.

Dame ! nous sommes nés natifs du même endroit tous les deux, ou peu s’en faut ; car vous étiez encore aubergiste à Cluis-Dessous, comme j’étais vachère à Cluis-Dessus. Vous avez fait votre chemin mieux que moi ! Je me souviens que je vous disais : « Oh ! vous, Christophe Dubuisson, vous irez