Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/16

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loin ; vous essayez cinquante choses ; vous allez de métier en métier, vous tondez tous les œufs, vous ferez fortune ! »


DUBUISSON, souriant avec une bonhomie rusée.

Eh bien ?


MARIE-JEANNE.

Eh bien, ça ne vous parait pas drôle, d’être le plus gros banquier du Berry, et d’avoir maison à Paris, maison ici en ville, et château à la campagne ?


DUBUISSON.

Le château, ça m’a bien ennuyé un peu au commencement ! ça coûte plus que ça ne sert ! mais c’était l’idée de ma femme ; je m’y suis fait ! Ah ! ça me fait penser… (Il se lève.) Tu connais M. Henri de Trégenec ?


MARIE-JEANNE.

Si je le connais ! c’est M. Laurent qui l’a instruit, mais je peux bien dire que c’est moi qui l’ai élevé. Qu’est-ce que vous voulez savoir de lui ?


DUBUISSON.

Si c’est un garçon rangé, un bon sujet.


MARIE-JEANNE.

Oh ! élevé chez nous, il n’a point appris à être avare.


DUBUISSON.

Je n’aime point les avares ; je les déteste !… Mais… est-ce qu’il est dépensier ?


MARIE-JEANNE.

Lui ? Eh bien, qu’est-ce que ça vous fait ?


DUBUISSON.

Rien ! Voyons, comptes-tu ton argent ?


MARIE-JEANNE.

Oh ! ma foi, non ! vous savez mieux compter que moi. Attendez, on sonne.

Elle sort par la gauche.

DUBUISSON, regardant la note.

Pas moins, il a oublié deux visites, le docteur !… C’est peut-être pour m’éprouver ! c’est un malin, lui !… D’ailleurs,