Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/25

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LA HYONNAIS.

Mon livre n’a d’autre mérite que sa bonne foi et sa simplicité. Est-ce que vous vous occupez de médecine… en amateur ?


LA HYONNAIS.

Je suis étudiant, j’espère avoir mon diplôme cette année.


LE DOCTEUR.

Ah ! quoique gentilhomme ?


LA HYONNAIS.

Parce que gentilhomme, et même un peu seigneur de village ; j’ai pensé qu’il était de mon devoir de me rendre utile et d’exercer gratis, puisque j’ai un patrimoine ; mais ce n’est pas de moi qu’il s’agit. Permettez-moi de vous parler de vous, et de vous demander si je suis bien informé. Il y a vingt ans, à la prière de sa femme mourante, le marquis de Trégenec vous confia son fils unique, Henri, jusque-là élevé loin de ses yeux, au fond d’une de ses fermes.


LE DOCTEUR.

Oui, monsieur ; ma femme avait été au couvent à Paris avec madame de Trégenec ; toutes deux moururent jeunes. Mais je gardai Henri, et le fis élever chez moi, parce que je l’aimais.


LA HYONNAIS.

Il vous intéressait parce qu’il était malheureux ; son père le haïssait, ses oncles ne voulaient pas entendre parler de lui ; une sorte de malédiction mystérieuse…


LE DOCTEUR.

Cela, monsieur, je l’ignore, et, quand même je le saurais…


LA HYONNAIS.

Vous ne le diriez pas au premier venu ; mais peut-être vais-je obtenir votre confiance. Il se pourrait, monsieur le docteur, que je fusse le frère d’Henri de Trégenec.


LE DOCTEUR.

Vous ? Comment arrangez-vous ça ?


LA HYONNAIS.

Oh ! moi, je suis bien le fils de M. de la Hyonnais ; mais il