Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/27

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LA HYONNAIS.

Vous savez, monsieur, qu’on peut, toujours éluder la loi, et je sais aussi qu’Henri a des dettes, qu’il a formé depuis peu le dessein de se marier et qu’il a écrit au marquis pour savoir quel sort il comptait lui faire. Une réponse devait lui être adressée ces jours-ci, et c’est pour parer au coup fâcheux que cette réponse peut apporter à ses projets et à sa situation que je suis venu vous trouver.


LE DOCTEUR. Ils se lèvent.

Se marier ! Il ne m’en a pas dit un mot. Je croyais avoir sa confiance ! Quant à ses dettes,… j’ignore si elles sont considérables…


LA HYONNAIS.

Henri ne sait rien des douleurs de sa mère ; pensez-vous que je puisse passer la journée à Bourges et faire connaissance avec lui, sans lui causer trop d’étonnement ? »


LE DOCTEUR.

Rien de plus facile. Voyons,… vous allez à Vichy…


LA HYONNAIS.

Bien !


LE DOCTEUR.

Et vous vous êtes arrêté ici pour me consulter ; vous m’êtes


LA HYONNAIS.

Quelle est ma maladie ?


LE DOCTEUR.

La première venue… Une céphalalgie ; qui est-ce qui n’a pas de migraines ?


LA HYONNAIS.

Moi, je ne sais ce que c’est. Je me porte comme le pont Neuf.


LE DOCTEUR.

Eh bien, un bon rhumatisme ?


LA HYONNAIS.

Encore moins. Mais j’aurai tout ce qu’il vous plaira.