Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/38

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LE DOCTEUR, désignant Henri.

Celui-ci est de la maison, c’est M. Henri de Trégenec.


MADAME DUBUISSON, saluant trop.

M. le comte de Trégonec ? J’ai beaucoup entendu parler… (Françoise la fait asseoir.) Ah çà… (au docteur) nous venons vous voir ; nous vous devons tant de reconnaissance ! Nous vous devons la vie !…


LE DOCTEUR, regardant Cléonice.

Oh ! ce n’était pas si grave que ça ! un peu de nerfs, voilà tout.


MADAME DUBUISSON.

Pardonnez-moi ! quand une demoiselle ne dort pas, c’est toujours grave.


CLÉONICE, la tirant par sa manche.

Maman !


HENRI, à Françoise, bas.

Voilà une dame bien expansive !


MADAME DUBUISSON, au docteur.

Ah çà ! j’espère que vous viendrez nous voir souvent dans notre château, à présent ? Nous voulons de la société, et nous comptons cultiver les personnes comme il faut de notre voisinage ; vous surtout, docteur, qui êtes si savant !


LE DOCTEUR.

Eh ! qu’auriez-vous à faire de ma science, bon Dieu ! ma chère dame, quand vous vous portez si bien ?


MADAME DUBUISSON.

Oh ! les personnes instruites, ça m’intéresse toujours, moi : ça m’illustre ! J’aime les gens de mérite : tout le monde s’accorde sur le vôtre… (se tournant vers Henri) quand on voit quels élèves vous savez faire…


HENRI, étonné.

Madame…


MADAME DUBUISSON, que sa fille avertit du regard.

Je parle de mamselle Françoise : quand on voit une demoiselle si bien élevée, si raisonnable… (Bas, à sa fille.) Comme te voilà dépeignée ! toujours l’air d’un chien fou ! Tu ne peux pas lisser tes cheveux ? Eh bien, M. Laurent ne me présente