Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/41

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FRANÇOISE.

À moi, madame ?


MADAME DUBUISSON.

Oui, mon cœur. Vous êtes une bonne et honnête fille, j’en suis bien sûre ; mais, si vous voulez garder votre renommée de vertu, vous ne recevrez pas tant ce jeune homme. Ça fait un mauvais effet dans la ville. On dit qu’il vous aime et qu’il tente de vous épouser… C’est possible ! Alors, mariez-vous bien vite, car vous êtes en âge, et il y a des langues…


LE DOCTEUR, fâché.

Très-sottes !


MADAME DUBUISSON.

À la bonne heure ! C’est un conseil d’amie que je vous donne, et vous devez m’en savoir gré !


LE DOCTEUR.

Infiniment !


CLÉONICE, qui a remis son chapeau.

Allons, maman, rentrons ! (Bas.) Vous avez fâché M. Laurent.


MADAME DUBUISSON, haut.

Fâché ? Pourquoi donc ça ? Par exemple ! moi qui l’aime tant et qui lui ai tant d’obligations ! N’est-ce pas, docteur, que vous ne m’en voulez pas, et que vous viendrez pendre la crémaillère dans mon château ? Je compte donner une fête dont il faut justement que je m’occupe. Ah ! ça me fait penser que vous avez là, tout à côté de mon parc, une petite maison de campagne… La Chanterie, ça s’appelle, n’est-ce pas ? Il faut que vous me vendiez ça. J’en ai besoin, nous voulons nous arrondir, et ça me convient tout à fait.


LE DOCTEUR.

Oh ! j’en suis fâché, mais cela, c’est à ma fille, et sa maisonnette lui convient aussi.

Il remonte.

MADAME DUBUISSON.

Mais je la lui payerai ce qu’elle voudra, et vous en aurez une autre.