Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/43

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FRANÇOISE, s’exaltant peu à peu.

Oh ! vous voulez lui faire ce chagrin-là ! Vous le trouvez donc trop heureux ? lui qui n’a pour ainsi dire pas de famille, lui qui n’est réellement aimé que de nous ! Ce pauvre Henri !… Nous allons briser ou détendre un lien sacré… une amitié de toute la vie !… Oh ! c’est impossible, mon père ! J’avoue que je vous obéirais de fait, mais non pas de cœur et de conviction, et ce serait la première fois de ma vie que je ferais votre volonté sans plaisir !


LE DOCTEUR, à part.

Quelle vivacité !… (À Marie-Jeanne.) Où est-il ?


MARIE-JEANNE.

Il est sorti pour montrer la ville à cet autre monsieur.


LE DOCTEUR.

Je vas les rejoindre.


FRANÇOISE.

Oh ! mon Dieu ! vous voulez absolument lui dire… ?


LE DOCTEUR.

De venir comme autrefois ; rien de plus, rien de moins ! Pourquoi changer le passé ? Tout allait bien ainsi. Va, calme-toi ! Il n’y a rien de si grave dans ce qui nous arrive. (Il l’embrasse pendant que Marie-Jeanne lui apporte sa canne et son chapeau. — À part.) C’est singulier ! (Haut.) Adieu !

Il sort.




Scène XIV


FRANÇOISE, MARIE-JEANNE.




FRANÇOISE.

Méchante bonne ! tu avais bien besoin…


MARIE-JEANNE.

Oh ! tant pis ! Si Henri ne comprend pas le tort qu’il peut vous faire… c’est un égoïste !


FRANÇOISE.

Égoïste, lui !