Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/61

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j’aurai péniblement amassé de quoi racheter mon honneur, je me trouverai à la fin de ma jeunesse sans sécurité, sans récompense, sans famille. Car tout m’accable à la fois ; je venais vous demander d’être votre fils ; je croyais vous apporter une certaine considération dans le présent et une belle fortune plus tard… Je vais me retirer couvert de honte !


LE DOCTEUR.

Non ! il n’en sera pas ainsi. Je te retiens, je te garde.


HENRI.

Vous oubliez que vous m’avez presque chassé. La réputation de Françoise…


LE DOCTEUR.

Françoise t’aime comme son frère, sois digne qu’elle t’aime encore plus. Il n’y a pas besoin de dix ans pour cela. Car, moi, je n’attendrai pas que tu m’aies rendu mon argent pour t’appeler mon fils ; il me suffira de te voir à l’œuvre… voyons… mettons une année ! et de t’entendre me dire, après cela, que tu veux persévérer, pour avoir confiance en toi. Calme-toi donc, mauvaise tête ! prends une bonne résolution. Réfléchis un quart d’heure ; je reviendrai avec Françoise, et, si elle t’ordonne d’attendre et de mériter… allons, mon cher enfant, tu n’auras pas trop le droit de te plaindre !


HENRI.

Ah ! mon ami, vous.…


LE DOCTEUR.

Ne me dis rien maintenant ; je te connais, quand tu as du chagrin, tu déraisonnes !… Attends-moi là.

Il sort par la gauche.




Scène VII


HENRI, puis CLÉONICE.



HENRI.

Excellent homme ! Mais faire pitié ! cela est odieux ! On dira,