Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/64

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CLÉONICE.

Je ne demanderais pas mieux ; mais le moyen d’écouter un muet ! (À part.) Attrape, curieux !


HENRI, à part.

Elle est gentille… mais… (Il se retourne vers la table et prend sa lettre comme pour la plier.) Bah ! pourquoi partirais-je tout de suite ? Françoise sera inquiète, blessée peut-être !

Il met la lettre dans sa poche, après l’avoir froissée.

CLÉONICE.

Ah ! tenez, c’est elle, cette fois ; déridez-vous.




Scène VIII


Les Mêmes, FRANÇOISE.




FRANÇOISE, entrant par la gauche et passant devant Cléonice.

Je vous ai fait attendre, chère enfant. (Bas, à Henri.) J’ai à te parler.


CLÉONICE.

Ah ! je vous gène ; je m’en vas.


FRANÇOISE.

Mais non ; quelle idée !


CLÉONICE.

Si fait ! Il y a chez vous un parfum d’hyménée qui me donne la migraine. Que voulez-vous ! moi, quand je pense au mariage, depuis qu’il m’est apparu sous la figure du duc de Belver, ça me rend verte de frayeur.


HENRI.

Ah ! vous vous disiez libre de choisir, et pourtant…


CLÉONICE.

Et pourtant ce personnage daigne m’offrir son nom, son cœur et son œil ! Mais je suis libre de le refuser, et j’en use ! Allons, adieu !


FRANÇOISE.

Mais…