Page:Sardou - La haine.djvu/16

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sonnes, je n’en suis pas surpris ; car ces personnes-là sont des hommes. — Mais pas une femme ne protestera contre l’action de Cordelia ; car il n’en est pas une qui ne sente bien qu’à sa place elle agirait comme elle ! — C’est d’ailleurs affaire d’exécution. — Pour que l’élan de Cordelia semble tout naturel, il suffit que le dernier appel d’Orso soit plus déchirant que les autres. — Qu’elle hésite encore !… et tous les spectateurs lui crieront : « — Mais donne-lui donc à boire !… » — Et qu’elle s’éloigne, sans en rien faire… un cri d’horreur saluera son départ !

Donc, ma pièce était bien là, prête à pousser ses feuilles et ses fruits, à la seule condition de lui trouver le sol favorable et le soleil propice. — Et c’est de quoi je me suis mis en quête.

Mais voyez, pour le dire en passant, combien nous sommes encore loin de Sienne, des Guelfes et des Gibelins, et de tout le reste !

Plus loin même qu’on ne pense ! — Car une première condition s’imposait à ma donnée dramatique : c’est qu’elle se développât dans un milieu de violence justifiant la brutalité dont mon héroïne devait être la victime ; et, sur ce point-là, l’Histoire, qui n’est qu’une longue abomination, ne me laissait que l’embarras du choix ! — Encore fallait-il choisir.

Alexandre Dumas, premier du nom, dit quelque part : « L’Histoire est bonne personne. — Soyez en