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pleine lune ou croissant

C’est pourquoi, mon désir conforme à ton image,
Avec toi je me suis assise sur l’éther
Dans la sérénité que n’atteindra pas l’âge
Pour regarder rouler les planètes de l’air.
Et lorsque je descends, rêveuse, sur la terre
Où le grillon endort les prés dans sa rumeur,
C’est de toi que je fais ma lampe solitaire,
Topaze aérien, esprit révélateur
Qui s’abreuve et se baigne au lac de ma fenêtre.
Ah ! qu’un soir, quand naîtra l’heure du rossignol
Et que se détachant de sa tige, mon être
Dans un définitif élan prendra son vol,
Qu’à cette heure ce soit ta figure inspirée
Que mire mon dernier regard et que ce soit
Ton viatique clair de lumière nacrée
Que le bleu crépuscule élève devant moi.