Page:Savine - L Assassinat de la duchesse de Praslin.djvu/181

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À cinq heures, quand le docteur Andral se présenta au Luxembourg, le procureur du roi, assisté du directeur de la prison, venait de recevoir la déclaration du décès constaté par le docteur Rouget. Le médecin du Luxembourg attribuait la mort à un empoisonnement par l’acide arsénieux et jugeait l’autopsie nécessaire pour en acquérir la preuve matérielle. Les docteurs Andral, Louis, Rouget, Orfïla furent commis pour la pratiquer. Quand on déposa le corps sur la table d’autopsie, l’un d’eux s’écria « Quel beau cadavre ! » Le docteur Louis disait plus tard à Victor Hugo : « C’était un magnifique athlète ». L’autopsie constata sept escarres dans l’estomac et une lésion du cœur imputable à l’arsenic. Le cerveau ne portait aucune marque de poison. Les viscères furent emportés envase clos, pour être examinés plus tard. L’analyse des matières contenues dans l’estomac et les intestins’ ainsi que celle des organes fut faite par Orfila et Tardieu. Ils estimèrent que l’ingestion du poison avait probablement eu lieu vers la fin de la journée du mercredi 18 après quatre heures, et avant dix heures du soir[1].

Le transfert de Praslin de l’hôtel Sébastiani au Luxembourg s’était fait de nuit. Ce fut encore de nuit que le corps fut mis en bière devant Monvalle, commissaire de police de la Chambre des Pairs, Cauchy et AUard. Le cercueil cloué fut placé dans un grand fourgon des Pompes funèbres, introduit au Luxembourg par la grille de la rue de Fleurus et le jardin. À deux heures du matin, le procès-verbal de l’enlèvement du corps fut signé et le convoi, composé de trois voitures, partit pour le cimetière du Sud, où le commissaire Monvalle avait, dès la veille et par ordre, choisi la place où devait se faire l’inhumation. Tout le long de la route, des escouades d’agents avaient été échelonnées. Quand le fourgon entra dans le cimetière, les fossoyeurs étaient prêts et, en quelques instants, le cer-

  1. C’était l’heure fixée par l’agent Philippe pour les visites successives de Praslin à la garde-robe. Allard, au contraire, qui avait pris Praslin eu observaliun à partir de dix heures du matin, voulait fixer l’empoisonnement aux premières heures de la matinée.