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103 ASSURANCE

lonnance de 1681 et, pendant plus d’un Intervention en matière d’assurance), les caisses le, condamnée par les jurisconsultes. d’assurance ayant le caractère d’institutions

t’ordonnance de 1681 et, pendant plus d’un siècle, condamnée par les jurisconsultes. C’est en Angleterre que l’assurance sur la vie se développa d’abord. Elle ne fut, dans les débuts, qu’une série de combinaisons de jeux ou de paris sur la vie humaine. La première compagnie d’assurance sur la vie appuyée sur des bases scientifiques fut fondée, en 1765, en Angleterre, et cette branche d’assurance s’y développa dès lors rapidement. L’expérience anglaise servit de base à un sérieux essai de cette assurance tenté en France en 1787 par la Compagnie royale. Les dernières années du XVIIIe siècle voient l’assurance contre l’incendie se développer partout, pendant que l’assurance sur la vie progresse en Angleterre et que l’Allemagne essaye les premières assurances agricoles.

En France cependant, les convulsions de cette fin de siècle retardèrent longtemps le développement de ces diverses branches de l’assurance. En supprimant, par ses décrets du 25 germinal et 17 vendémiaire an II, les compagnies financières dont elle prescrivit la liquidation, la Convention anéantit du même coup et les sociétés d’assurance et l’institution elle-même. La période belliqueuse du commencement duxixe siècle ne fut pas favorable à sa résurrection. C’est seulement vers 1820 que l’assurance sort de ses ruines et vers le milieu du siècle, qu’après des alternatives de prospérité et de décadence, elle finit par étendre ses opérations sur toute la surface du pays. Les progrès de l’institution en France, notamment en ce qui concerne l’assurance sur la vie, sont surtout marqués par la lenteur qu’elle a mise à s’établir et par les difficultés qu’elle a dû surmonter pour arriver à gagner définitivement la confiance du public. En Angleterre et en Amérique, au contraire, ses développements ont été rapides, mais traversés d’épreuves. De 1844 à 1862, l’assurance Sur la vie a subi en Angleterre une série de crises provoquées par des spéculations frauduleuses qui ont motivé à plusieurs reprises l’intervention du parlement. Elle a pris depuis dans ce pays d’immenses développements. Il en a été de même en Amérique, avec cette particularité que le système mixte des Anglais y a servi de transition pour arrià la forme mutuelle, organisée avec un capital dont la seule rémunération est l’intérêt courant. La plus récente, parmi les combinaisons à signaler, est l’assurance contre les accidents, qui est apparue presque simultanément en 1847 et 1848 en Amérique et en Angleterre et qui ne date en France que de 1865.

Bornons-nous à signaler ici, parce qu’elles feront l’objet d’une étude spéciale (V. ÉTAT,

Intervention en matière d’assurance), les caisses d’assurance ayant le caractère d’institutions

publiques, comme les caisses diocésaines de s XVIIIe siècle en faveur des incendiés, dont quelques-unes furent réorganisées au come mencement de l’empire sous forme de caisses e départementales ; les caisses d’assurance facultative instituées en Angleterre, en France e et dans d’autres pays ; enfin les institutions publiques d’assurance obligatoire organisées

en Allemagne et en Autriche.

a En résumé, l’assurance était née bien avant s qu’on eût su l’appuyer sur des données sciene tifiques. On la pratiquait, à l’origine, d’une e façon rudimentaire et routinière. Cependant, quelque grande que fût la part laissée au

s hasard dans ces combinaisons, elles n’en constituaient pas moins de véritables opéra-

e tions d’assurance pour les assurés, mais elles e n’étaient, pour les entrepeneurs, qu’unesérie e de combinaisons aveugles ou même d’opéras tions de jeu du caractère le plus aléatoire. s L’institution trouva progressivement un appui a moins fragile dans l’expérience acquise ; mais e seuls, les principes du calcul de la probabilité que donna Pascal, les premières recher-

ches de la statistique, surtout les tables construites au xvme siècle, devaient permettre de

s l’asseoir sur une base vraiment stable. Cette s réforme, commencée au XVIIIe siècle, est, à s vrai dire, l’oeuvre du XIXe.

VI. L’ASSURANCE AU POINT DE VUE DES FAITS ÉCONOMIQUES.

15. Origine économique de l’assurance.

Après avoir constaté les origines relativement récentes de l’assurance, l’histoire à n’explique pas suffisamment pourquoi les combinaisons de ce genre sont restées inconnues des anciens. Ceux-ci, cependant, nous l’avons déjà vu, avaient la notion du risque et e ils savaient s’associer. Il paraît d’autant plus e étrange que pendant de longs siècles des peuples commerçants aient trafiqué et pros-

péré sans que, malgré des circonstances favorables à son éclosion, l’assuranceait jamais été pratiquée à un degré tout au moins suffi-

sant pour qu’aucune trace en soit parvenue e jusqu’à nous. L’analyse économique donne la clef de ce problème intéressant, et elle

montre que la chose est plus ancienne que

t son histoire et que son nom. L’assurance scientifiquement organisée ne remonte pas

s à beaucoup plus d’un siècle, mais elle rendait des services longtemps avant d’avoir

1 un calcul à sa base ; l’expérience alors était e son seul appui et beaucoup d’aveugles tâtonnements y tenaient lieu de données posi-

tives. La science économique montre que, bien avant d’avoir son nom, l’assurance exis-


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