Page:Say - Chailley - Nouveau dictionnaire d’économie politique, tome 2.djvu/142

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mérides du citoyen. Une lettre qu’il adressa au premier de ces journaux contribua à la conversion de Baudeau. En 1767 et 1768, il défendit de nouveau la liberté du commerce des céréales ; la situation devenait difficile pour les économistes, car une série de mauvaises récoltes avait fait revivre les idées protectionnistes. Les Lettres à un ami sur les avantages de la liberté et te danger des prohibitions contribuèrent alors, autant qu’il était possible, à ramener l’opinion vers la liberté.

Turgot avait de l’estime pour la personne et aussi pour le talent de Le Trosne, dont le style était clair et le langage mesuré. Ses brochures sont toutefois très supérieures à ses livres. Dans ceux-ci, il est long et diffus ; il avait d’ailleurs accepté trop complètement les idées de Quesnay sur la stérilité de l’industrie et sur l’impôt unique pour que ses ouvrages aient pu franchir le temps de leur publication. Dans tous, on trouve cependantdès parties très intéressantes, soit par les vues théoriques qui y sont contenues, soit par les renseignements que l’auteur fournit sur les impôts à la fin de l’ancien régime. Ces ouvrages sont : les Effets de l’impôt indirect prouvés par les deux exemples de la gabelle et du tabac (1770) ; V Ordre social, gros volume publié en 1777 et qui contient un exposé de la physiocratïe ; il est suivi d’une critique du Traité de Condillac sur le commerce et le gouvernement, dans laquelle se rencontrent des notions très justes et très bien exprimées sur la valeur, l’utilité, l’échange, etc.. Un autre ouvrage conçu dans le même esprit que VOrdre social date de 1779 (une édition posthume fut publiée en 1788) et est intitulé : De r administration provinciale et de la réforme de Vimpôt ; c’est à la fois un exposé des vues des physiocrates sur la constitution des assemblées populaires et une description étendue du régime fiscal de la France. Il convient de remarquer à ce point de vue que l’ouvrage de Le Trosne a précédé de plusieurs années la publication faY Administration des finances de Necker.

Vers 1773, Le Trosne avait abandonné ses fonctions judiciaires après les avoir occupées vingt ans et s’était fixé définitivement à Paris ; il mourut dans cette ville le 26 mai 1780.

G. SCHELLE,

— LIBERTÉ DES ÉCHANGES 

LIBERTÉ DES ÉCHANGES.

SOMMAIRE

. Définition : protection, protectionnisme. . Doctrine du commerce au moyen âge. . Le xvi» siècle.

. Les États dynastiques,

. Le mercantilisme et le système colonial. . La nouvelle doctrine.

. Smithianisme.

S. La protection aux États-Unis. 9. Protectionnisme au xix* siècle. Bibliographie.

L’expression libre-échange a été employée pour désigner l’échange ou les transactions qui sont libres par opposition à l’échange ou aux transactions limitées par le monopole (voy. ce mot) de compagnies concessionnaires, ou bien aux blocus (voy. ce mot) et aux autres restrictions imposées au commerce des neutres par des belligérants, ou encore par opposition aux revendications des nations qui réclament par exemple un droit de contrôle sur la Méditerranée ou sur des parties de l’Océan, ou aux décrets qui ont pour objet de proscrire le commerce avec les mahométans, ou enfin par opposition aux lois sur les quarantaines, les inspections de toute nature, les passeports, etc. Ces entraves ont été, dans quelques-uns des cas cités plus haut, la conséquence de l’exercice du pouvoir militaire ou de police de l’Etat, ou la suite de mesures de police politique. Le mal qui en est résulté pour le commerce est le sujet de plaintes légitimes et balance dans une large proportion les avantages de l’intervention qu’on a cru devoir exercer ; mais toutes les restrictions de ce genre appartiennent à la catégorie des questions d’appropriation (voy. ce mot) dont les limites ne peuvent être déterminées et qui ne sont pas susceptibles de règles. Elles ne peuvent, en conséquence, trouver aucune place dans la présente étude.

C’est aussi une question de convenance que celle de savoir si les ressources nécessaires pour doter les institutions administratives peuvent être demandées à des taxes qui entraînent quelque diminution de la liberté des échanges. Si l’on trouve, après mûr examen, qu’il y a plus d’avantage à se procurer des ressources par cette méthode que par une autre, les entraves qui, de ce chef, peuvent être imposées au commerce doivent être regardées simplement comme un des maux inévitables de la vie. Ce sont des restrictions qui restent donc également en dehors de notre sujet. (V. Douanes et Impôt.) Mais à côté de ces sortes de taxes et généralement comme mêlées à celles-là, il y en a d’autres qui sont établies pour modifier, par l’action coercitive des lois, l’organisation de