Page:Say - Chailley - Nouveau dictionnaire d’économie politique, tome 2.djvu/333

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


. — Odolast Desnos, Mémoires historiques sur l& ville d’AIençon et ses seigneurs, t. II, p. 393, 1833. — Mo.vrau., Histoire des Français des divers états. Citations nombreuses, 1833. — Blahqui, Histoire de ï ’économie politique, t. II, p. 395, 3°, édit., l re édit., 1837. — Floquet, Histoire du parlement de Normandie, t. IX. p. 395 et et suiv., 1840.

— Saiinte-Bëdtb, Poésie française au seizième siècle, t. I, p. 314, 1842, — Du Bois, Recherches archéologiques sur la Normandie, 1843. — Philarèxe Chasles, Études sur le seizième siècle, p. 319, 1848. ~ Boisard, Notices biographiques sur les hommes du Calvados, 1848. — J. Garnier, Dictionnaire de l’économie politique, 1854. — Eue et Em. Haag, la France protestante, t. VII, 1897. — Comte de la Feuiuêre, le Canton d’Athis et ses communes (contient une gravure représentant l’auberge où Montchrétien fut tué. — Journal de la comtesse de Gauzay, ï 858, p. 85, 1859.

— Joli, Etude sur Montchrétien, poète et économiste normand, 1865. — Hors, l’Economie politique avant les pky~ sioerates, 1867. — Jules Duval, Mémoire sur Montchrétien, i 869. — Darmsteter et Hatzfeld, le Seizième Siècle en France, 1878. — Scheet., Geschichte der politischen Oeconomie, dans le Handbuch der politiseken Oeconomie de Schoenberg, t. I, p. 62, 1882. — E. Fàgoet, la Tragédie française au seizième siècle, 1883. — G. Wentzel, Aestetische und spràchliche Studien iiber A. de Montchrétien. "Weimar, 1885.

— Duc d’Aitmale, Histoire des princes de, Condé, t. Ifl, p. 152 et suiv., 1886. — De Beaurëpaire, Actes communiqués a la commission des antiquités de la Seine-Inférieure. Bulletin de la Commission, t. VII. p. 396 et suiv., 1888. — H. Pigjbokmeai ;, Histoire du commerce de la France, t. il, p. 300 et suiv., 1889.

A cette liste nous ajoutons Y Introduction déjà signalée de M. Funck-Brentano en tête de son édition du Traité d’économie politique (1889).

MONTESQUIEU. — On s’accorde à placer YEsprit des lois au premier rang, dans l’histoire de la science politique, au xvm e siècle. Il est juste et il importe de l’y placer aussi dans l’histoire de la science sociale et, à certains égards, dans l’histoire de l’économie politique.

« La première et la plus importante série de travaux qui se présente comme directement destinée à constituer enfin la science sociale, dit Auguste Comte 1 , est alors 2 celle du grand Montesquieu, d’abord dans son Traité sur la politique romaine, et surtout, ensuite, dans son Esprit des lois. »

Montesquieu a incontestablement l’honneur d’avoir fondé la science sociale. Il l’a fondée en donnant, le premier, une définition des lois assez large pour embrasser tous les phénomènes sans exception, en affirmant explicitement que les phénomènes sociaux sont aussi nécessairement assujettis à des lois naturelles que tous les autres phénomènes du monde, enfin, en discernant clairement la solidarité qui existe non seulement entre les différentes catégories de phénomènes sociaux considérés soit dans le temps, soit dans l’espace, mais encore entre l’ensemble de ces phénomènes etles conditions du milieuphysique danslequel viventles sociétés humaines 3 .

. Aug, Comte, Cours de philosophie positive, t. IV, p. 243. 

. Vers le milieu du xvin" siècle.

. Voir la préface et les trois chapitre» du livre I" de Il n’est pas jusqu’à la vraie méthode qui convient à la science sociale que Montesquieu n’ait bien entrevue et appliquée, dans la mesure quecomportaientles insuffisants moyens d’information dont il pouvait disposer. « Je n’ai point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses », dit-il dans sa préface, indiquant, par là, que l’observation des faits a été le point de départ de ses recherches et de ses explications. (V. Méthode. )

Si l’on veut remarquer que YEsprit des lois a paru en 1748, c’est-à-dire avant les écrits de Quesnay, de Turgot, de Condorcet, et que la philosophie dominante, au moment où il a été écrit, était la philosophie cartésienne, aussi éloignée de l’exactenotion de la science, avec sa méthode apriori, avec son dédain des faits, que la vaine scolastique du moyen âge, on comprendra qu’Auguste Comte aitpuparler de « l’éminente supériorité de Montesquieu sur tous les philosophes contemporains ».

Quant à Montesquieu économiste, voici comment le juge Blanqui, dans son Histoire de V Économie politique : « Montesquieu, dit-il, occupe le premier rang parmi les publicistes qui ont porté leurs regards sur les plus hautes questions d’économie politique et quoiqu’il se trompe souvent, quoiqu’il ait partagé, à beaucoup d’égards, les préjugés de ses contemporains, nous lui devons les premiers aperçus vraiment neufs et hardis qui aient été publiés sur l’influence du commerce et quelques curieuses analyses de la théorie des monnaies i ». Nous irons plus loin que Blanqui. Pour être disséminés dans son immense ouvrage, pour y être présentés souvent d’une manière incidente, les aperçus et les analyses que Montesquieu consacre aux phénomènes économiques sont assez nombreux et assez étendus pour constituer, si on les réunissait, un véritable traité d’économie politique. En dépit des lacunes et des erreurs que l’on y pourrait relever, bien que l’art et la science y soient presque toujours confondus, bien que les considérations d’ordre purement politique l’emportent souvent, dans la pensée de l’auteur, sur les considérations économiques, ce traité serait supérieur à tous les écrits qui ont précédé YEsprit des lois et à un grand nombre de ceux qui l’ont suivi. Montesquieu a, beaucoup moins que ne l’Esprit des lois. Voir aussi Aug. Comte, loc. cit., p. 243- 263. — Taîne, l’Ancien régime, p. 231-234. — Espinas, les Sociétés animales, introduction, p. 33. — Paul Janet, Histoire de la science politique, 2<> édit. t. II, p. 332. . Voir Blanqui, Histoire de l’économie politique, 3 e édit., 1845, t. II, p. 153 et s. V. aussi Laboulaye, Introduction à l’Esprit des lois, p. 7, t. III, des Œuvres de Montesquieu publiées par Laboulaye (1876).