Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/112

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sais, dis-je, qu’une nation comme celle-là a le droit de vivre en paix et d’être considérée comme un membre inoffensif de la grande famille du genre humain. Dans cette position, elle doit s’attacher à la production de ce qu’elle peut produire avec le plus d’avantage, pour l’échanger avec ce qui peut, avec le plus d’avantage aussi, lui être fourni par les étrangers ; aussi paisiblement qu’une province de France conclut des échanges avec une autre. Mais, hélas ! l’expérience nous apprend que la continuation de la paix ne dépend pas seulement de notre justice et de notre prudence, mais aussi de la prudence et de la justice d’autrui. Une fois la guerre commencée, on s’aperçoit que l’interruption des échanges qui ne peuvent s’opérer qu’à travers un large océan, devient une arme redoutable entre les mains d’un ennemi qui domine sur cet océan ; et qu’aux privations causées par l’état de guerre, il faut ajouter celle de bien des objets qui nous sont devenus indispensables, tels que des armes et des vêtemens. La question se réduit alors à savoir si le profit ou bien la conservation est, en dernière analyse, le principal objet qu’il faut avoir en vue.

Nous sommes devenus manufacturiers à un point qui est à peine croyable pour ceux qui