Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


On jugerait l’économie politique d’une manière bien étroite, si l’on s’imaginait qu’elle n’a pas d’autres résultats que de nous apprendre comment les richesses se forment, se distribuent et se consomment ; elle a, de plus, pour effet de répandre la lumière sur la plupart des autres branches des sciences morales et politiques. L’histoire, la législation, la morale, ne sauraient être parfaitement comprises par des personnes qui géraient tout-à-fait étrangères à cette science. Aussi ne faut-il pas mettre en doute quelle ne prenne un rang de plus en plus élevé, et que les écrivains auxquels elle devra ses progrès ne soient de plus en plus estimés, à mesure qu’elle sera mieux et plus généralement connue.

Il est rare que le plaisir que procure la lecture d’un ouvrage ne fasse pas naître le désir d’en connaître l’auteur. S’il arrive peu qu’on se trompe quand on juge un homme par ses écrits, il arrive plus rarement encore que la connaissance qu’on a d’un écrivain, ne contribue pas à bien faire juger ses ouvrages. On aime d’ailleurs, quand on cultive une science, à savoir comment elle a fait des progrès, et quels sont les écrivains qui l’ont avancée ou retardée ; et il serait difficile d’en faire l’histoire, sans parler des hommes qui en ont été, pour ainsi dire, les créateurs. On ne sera donc pas surpris de