Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/14

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sion que venaient d’établir à une lieue de Lyon, au village d’Écully, un Italien nommé Giro et un abbé nommé Gorati. Le plan d’instruction de ces deux instituteurs rejetait quelques-unes des méthodes qui étaient alors usitées dans les collèges. Il eut, en conséquence, pour adversaire l’archevêque de Lyon, qui s’attribuait la surveillance de tous les établissemens d’éducation, et qui redoutait la tendance de l’esprit philosophique. L’opposition de l’archevêque était d’autant plus forte, que déjà les noms de Washington et de Francklin commençaient à résonner aux oreilles des enfans comme à celles du reste de la France. Les deux instituteurs apaisèrent le prélat et se firent pardonner leurs innovations dans l’enseignement, en multipliant les pratiques dévotes auxquelles ils assujétissaient leurs élèves[1].

Des revers de fortune ayant amené à Paris le père de Jean-Baptiste Say, sa famille ne tarda pas

  1. Giro, l’un de ces deux instituteurs, était Napolitain. Il rentra dans sa patrie quand les Français, après l’avoir conquise, y eurent établi le gouvernement républicain. Il devint un des cinq membres du gouvernement, et fut ensuite pendu avec les citoyens les plus éclairés du pays, dans la réaction qui suivit la restauration de 1799, après la retraite des Français.