Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/44

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renferme toute la théorie de l’impôt) ? celui qui, contre l’unanime opinion de tous les philosophes et de tous les publicistes qui l’avaient précédé, a découvert, soutenu, prouvé qu’il n’était pas vrai que les hommes, en se réunissant en société, eussent renoncé a une partie de leur liberté et de leurs droits pour s’assurer l’autre ; que jamais ils ne se sont confédérés pour y perdre, mais au contraire pour y gagner, pour garantir et pour étendre l’exercice et la jouissance de tous leurs droits ? D’où il suit qu’aucun gouvernement n’a celui de gêner leur travail, ni de porter atteinte à leur propriété, puisque c’est pour défendre et pour augmenter l’un et l’autre qu’ils ont uni leurs forces et se sont donné, non des maîtres, ce qu’ils n’auraient pas du tout voulu, mais des chefs.

Comment votre esprit juste et sagace, mon cher Say, n’a-t-il pas vu que toute la science et la moralité de l’économie politique étaient là ? Comment avez-vous tenté de couper en deux cette belle science pour en séparer celle des richesses, qui n’est qu’un recueil de calculs et de développemens propres à montrer l’utilité de se conformer à la loi ? Celle-ci était, a toujours été, sera toujours et tout entière dans le droit, qui ne peut être violé sans injustice, sans tyrannie, sans crime.