Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/45

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Quesnay, n’eût-il écrit que cette vingtaine de pages qui sont à la tête de la Physiocratie, aurait fait et fondé notre science, la vôtre, et ne nous aurait laissé qu’à en exposer les détails ; il mériterait l’éternel hommage des philosophes, des gens de bien, de tous les peuples dignes d’aimer et d’avoir la liberté. Il a posé les fondemens du temple de cette noble déesse ; il en a construit les gros murs. Nous et vous y avons mis des corniches, des fleurons, des astragales, quelques chapiteaux à des colonnes qui étaient debout.

Vous ne parlez pas des économistes sans leur donner l’odieux nom de secte, qui suppose un mélange de bêtise, de folie et d’entêtement. Cette injure n’offense point de la part des Grimm ; mais les expressions d’un Say sont d’un autre poids. Il est, en conscience, obligé de tenir compte de ce poids. Vous n’accordez à ces auteurs, vos devanciers, que d’avoir été bons citoyens. Beau mérite ! que le dernier savetier peut et doit avoir ! Et pauvre mérite pour des philosophes dont plusieurs n’ont été, il est vrai, que des écrivains médiocres, mais dont chacun a eu quelque vérité à lui, dont aucun n’a été un imbécile, dont quelques-uns ont été des hommes d’État, même des souverains très-éclairés, très-bienfaisans malgré leur couronne !