Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/46

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Vous avez traité Turgot avec sécheresse et légèreté (si ce n’est vers la fin de votre second volume), comme si les grandes puissances ne devaient pas du respect aux grandes puissances. Il vous en aurait témoigné. Nous aurions vingt fois fait ensemble votre éloge si vous eussiez travaillé de notre temps.

Vous m’avez nommé une fois et avec une belle épithète, l’estimable Dupont de Nemours ; mais c’était pour blâmer à tort une pensée que vous m’attribuez, qui est à Quesnay, et que je justifierais si nous avions à la discuter ici.

Je n’ai gardé aucune humeur de tout cela. Tout a été couvert par les admirables développemens aux différens emplois que l’on fait des richesses, et par le plus qu’admirable chapitre sur les consommations et les administrations privées, où vous avez eu la raison d’Aristote, l’esprit de Socrate, les grâces ingénieuses de Franklin. Je vais le faire copier à mes petits enfans. — Aussi n’appuierai-je que sur les louanges qui vous sont dues quand je parlerai de votre livre à mes amis. Mais en vous louant, parce que vous êtes éminemment louable, je ne vous flatterai point, mon cher Say, parce que vous êtes supérieur à la flatterie.

Vous avez trop rétréci la carrière de l’économie politique en ne la traitant que comme la