Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/49

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Say ; nous ne sommes ni des fous, ni des sots ; nous avons la conscience délicate ; nous n’avons pas écrit et gouverné pendant plus de cinquante ans, dans des pays de mœurs et de lois très-différentes, sans songer à rien. Si vous eussiez envisagé la chose sous un autre aspect, si vous vous fussiez placé au même point de vue que Quesnay, celui de la justice réglant les droits de chaque homme, constatant l’intérêt général et particulier, interdisant tout obstacle au travail ; si vous eussiez considéré la volonté très-décidée que tous les membres d’une société ont eue, n’ont pu s’empêcher d’avoir en se réunissant, de ne sacrifier aucune partie de leur liberté, d’en étendre au contraire l’usage, et d’augmenter les jouissances qui en résulteraient, il ne vous serait pas resté une seule des idées financières auxquelles vous avez pris la peine de faire attention et d’attacher quelque importance en parlant de l’impôt ; vous auriez reconnu que la tyrannie elle-même, qui peut piller les capitalistes et voler les salariés[1], ne le peut qu’un moment, au grand dérangement de

  1. Il ne faut pas oublier que, par ce mot alariés, les partisans de Quesnay désignent les manufacturiers et les négocians, classes improductives suivant eux.