Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/50

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toutes les conventions, au grand désavantage de la société, par des impôts survenant imprévus, par la violation impérieuse des contrats qu’on avait passés sous la foi publique et la garantie du gouvernement ; mais que la tyrannie ne peut faire contribuer ni le travail, ni les capitaux. Le prix du travail est réglé par le débat entre les salarians et les salariés. Il faut à ceux-ci leur salaire selon le prix qu’y mettent la concurrence et le besoin ; si on le taxe, et si la taxe est connue et prévue, il faut qu’ils l’ajoutent au salaire ; et la concurrence leur donne à la fois le droit et le pouvoir de l’exiger.

Il en est de même des capitaux, qui sont une autre espèce de salariés non moins nécessaires que les manipulateurs. Il faut payer leur loyer, ou leur intérêt, dont le taux est pareillement réglé par la concurrence et le débat entre les prêteurs et les emprunteurs. Si vous chargez cet intérêt d’un impôt, sous prétexte que pour le prêteur ou l’entrepreneur le capital donne un revenu, il faut que l’impôt soit ajouté, même avec un supplément d’intérêt, au prix du loyer du capital ; car c’est de la somme qu’il a déboursée que le capitaliste veut et doit toucher l’intérêt, et non pas seulement de celle qui sert à l’entreprise.