Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/94

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L’étude des points de droit est nécessairement plus sujette à controverse que celle des points de fait. Des gens qui ne sont pas tout-à-fait fous ont décidé que toute souveraineté vient de Dieu ; d’autres ont prétendu qu’elle venait du peuple : d’où une double série de conséquences opposées qui aboutissent, les unes, au plus grand bien de ceux qui se disent les interprètes de la Divinité ; les autres, au plus grand bien des nations. Voyez, mon cher maître, sur quel terrain vous attirez les instructeurs du genre humain. Ne vaut-il pas bien mieux leur dire à peu près ce qui est vrai : l’intérêt des gouvemans et celui des gouvernés, quand il est bien entendu des uns et des autres, est le même ? Or, les intérêts des hommes se résolvent en ce mot, leurs biens, leurs richesses. Les gouvernemens, qui, en général, aiment assez à lever beaucoup d’argent sur les peuples, ne le peuvent qu’autant que les peuples ont beaucoup de richesses. Le développement des richesses est donc un spectacle qui les réjouit. L’intelligence des princes peut s’élever au point de concevoir que ceux d’entre eux qui se refusent à favoriser les travaux utiles, joueront un rôle inférieur devant les gouvernemens qui seront plus habiles. On peut donc se flatter que l’économie politique, loin d’être contrariée,