Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/95

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trouvera de l’appui dans les dépositaires du pouvoir. Voyez la conséquence.

Oh ! que vous êtes injuste en me taxant de vouloir duper le peuple pour lui prendre plus aisément son argent ! J’ai dit seulement que l’impôt sur les consommations s’acquittait plus facilement, et l’on ne saurait le nier ; vous vous rappelez que notre judicieux Adam Smith met au nombre des qualités de l’impôt, d’être payé commodément et volontiers. Or, c’est là uniquement ce que j’ai remarqué dans l’impôt sur les consommations. Et encore fais-je la restriction qu’il doit être modéré ; car, s’il devient excessif, il provoque les fraudes, les vexations des percepteurs, les rigueurs du fisc : maux que je réprouve tout aussi vivement que vous-même. Je ne perds pas une occasion d’insister sur les abus, sur les dangers des contributions indirectes ; ce qui ne vous empêche pas de me taxer d’en être le patron, et de les appeler vos chers et abominables droits réunis. Convenez à votre tour, mon cher maître, que si je n’étais pas aussi, avant tout, un bon homme, je serais en droit, à mon tour, d’être un peu fâché. Je fus nommé par le gouvernement, en 1814, d’une commission chargée de réviser les droits réunis. Je fus seul d’avis de les supprimer, ou du moins de les réduire au