Page:Schiff - Marie de Gournay.djvu/82

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ceux de nos hommes, privativement aux femmes.

Au surplus l’animal humain n’est homme ny femme, à le bien prendre, les sexes estants faicts non simplement, 142 mais secundum quid, comme parle l’Eschole : c’est à dire pour la seule propagation. L’unique forme et difference de cet animal, ne 143 consiste qu’en l’ame humaine. Et s’il est permis de rire 144 en passant, le quolibet ne sera pas hors de saison, 145 nous apprenant ; qu’il n’est rien plus semblable au chat sur une fenestre, que la chatte. L’homme et la femme sont tellement uns, que si l’homme est plus que la femme, la femme est plus que l’homme. L’homme fut creé masle et 146 femelle, dit l’Escriture, ne 147 comptant ces deux que pour un. 148 Dont Jesus-Christ est appellé fils de l’homme, bien qu’il ne le soit que de la femme. 149 Ainsi parle apres le grand Sainct Basile[1] :150 La vertu de l’homme et de la femme 151 est mesme chose, puis que Dieu leur a decerné mesme creation et mesme honneur : masculum et 152 fœmininam fecit eos. Or en ceux de qui la Nature est une et mesme, il faut 153 que les actions aussi le soient, et que l’estime et 154 loyer en suitte soient pareils, où les œuvres sont pareilles. Voila donc la 155 deposition de ce puissant 156 pilier, et venerable 157 tesmoing de l’Eglise, Il n’est pas mauvais de se souvenir sur ce poinct, 158 que certains ergotistes anciens, ont passé jusques à 159 cette niaise arrogance, de debattre au sexe feminin l’image de Dieu a difference de l’homme : 160

  1. Homil. I. (N. d. a.)