Page:Schoebel - Étude sur le rituel du respect social dans l’état brahmanique.djvu/13

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Par शयासन dit le commentaire, on entend un lit et un siège, et par là nous apprenons seulement la catégorie grammaticale de ce mot, à savoir que c’est un dvandva ou composé copulatif. — Le texte nous fait entendre par le mot समाविशेत् qu’il s’asseoie conjointement, que le çayâsana est un meuble passablement large, puisqu’il peut contenir plusieurs personnes à la fois. Ce siège, destiné au maître seul, nous l’appellerions une chaire. Cependant le çayâsana est moins élevé du plancher que la chaire, et c’est ce que fait entendre, il me semble, le mot उपनिषद् qui veut dire « être assis près », à savoir près du disciple auquel le maître, commodément placé[1] dans son lit-siége, enseigne les disciplines scolastiques. C’est de cette position rapprochée du maître et du disciple, de cette condition matérielle de l’action enseignante, que, par une figure qu’on appelle métonymie, l’enseignement même a pris le nom d’Upanishat, nom qui a passé ensuite aux traités théologico-philosophiques où cet enseignement se trouve rédigé, et dont le nombre, dans l’état actuel de nos connaissances des œuvres de la littérature brahmanique, s’élève à 134[2]. La confection de ces trai-

    9e siècle, et passe, à tort sans doute, pour avoir conduit ta première les Assyriens dans l’Inde. Mais pour que l’importation des Phéniciens se répandit chez les Aryas et s’adaptât à leurs habitudes, il a certes dû s’écouter un temps assez long, et ainsi ou ne saurait songer à placer les commencements de la littérature indienne au delà du 8e siècle avant notre ère. — Partout dans l’Inde nous sommes ainsi conduits à une antiquité historique qui le cède même à celle des Grecs.

  1. Étant assis à son aise सुखासीनं, est une locution fort usitée pour marquer la commodité avec laquelle les Hindous s’arrangent dans leur siège (Voy. p. ex. Râmâyana, I, 38, 1), Celle commodité est d’ailleurs prescrite comme un devoir à celui qui enseigne. (Voy. Vâdjasancyi-Prâtiçâkhya, Icct I, sût. 22, ap. Weber, Ind. Stud., IV, p 103).
  2. Alb. Weber, Indische Studien, III, 326.