Page:Schoebel - Le Mythe de la femme et du serpent.djvu/58

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leau[1]. Dans l’Inde, une telle branche ou verge s’appelle parna[2], qui fortifie ou rend vigoureux ; et le terme appellatif de verge, ruthe, est effectivement appliqué au membre viril, même par la science anatomique.

Je reviens au document biblique.

Elohim ordonne à l’homme d’utiliser tous ses membres en lui disant : « De chaque arbre du jardin tu peux manger », et il ajoute : « mais tu ne mangeras pas de celui de la connaissance du bien et du mal, car dès que tu en mangeras, tu mourras ». Pour bien comprendre cette défense qui équivaut, à ce qu’il semble, à celle de se servir de ses organes sexuels de soi-même, c’est-à-dire arbitrairement et pour sa seule satisfaction, il faut se rappeler qu’elle est faite avant la naissance de la personne femelle, alors que l’être humain était encore gynandromorphique, qu’il était encore dans un seul et même corps homme et femme. En effet, « Elohim les créa mâle et femelle, zakar oue neqêbah bara ôtham[3] », et lui-même était androgyne, puisque, avant de nous dire que l’homme fut créé mâle et femelle, le document biblique nous affirme qu’Elohim le créa à son image et à sa ressem-

  1. Ce qu’on pratiquait dans la fête des Lupercales, à Rome, rentre évidemment aussi dans cet ordre de faits. Des jeunes gens, appelés du nom significatif de creppi, boucs, couraient nus par la ville, et frappaient de bandes de peau de bouc, qui avaient tout leur poil, les femmes qu’ils rencontraient. Elles se laissaient faire, persuadées que c’était un moyen sûr de les rendre fécondes et de les faire accoucher heureusement. (Ovide, Fastes, II, 445 ; Plut., Cæsar., LXI ; Romains, XXI.)
  2. Yajur-Véda, I, 1, p. 3, édit. Weber.
  3. Genèse, I, 27 ; V, 2.