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Monsieur. — Ainsi, c’est tout ce que tu trouves à dire ?

Jean. — Dame ! papa, cette nouvelle, je la savais déjà avant d’entrer ici. Cette bonne Madame Brayant s’était chargée, tu t’en doutes, de me l’apprendre.

Madame. — À votre exposition de croûtes, sans doute ? Il ne nous manquait vraiment plus que cette sottise-là pour être ridicules. Un mariage qui nous échappe et un fils qui fait une baraque, comme à la foire…

Jean. — Mais, maman, une exposition n’est pas une baraque. Quant à mes croûtes, comme tu les nommes, viens d’abord les voir, afin de les juger par toi-même…

Madame. — Aller voir ces petits machins-là, comme dit Madame Brayant !… Jean, vous faites le désespoir de vos parents.

Jean (énervé). — Cependant, maman…

Madame (se levant et gesticulant). — Il n’y a pas de cependant… et puisque votre père ne veut pas se faire obéir, c’est moi qui vais faire l’homme. Je monte au grenier et je balaye à la porte tous les peinturlurages que vous avez faits…

Jean se place devant la porte de la cuisine, résolument. On voit qu’il est décidé à la résistance.