Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/115

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principe, mais plutôt seulement le lien qui les unit, leur « point de ralliement », et le signe distinctif auquel ils se reconnaissent. Ceci se montre encore en ce que même le juif baptisé, loin d’attirer sur lui, comme en général les apostats, la haine et le mépris des autres juifs, ne cesse pas, en règle générale, — si l’on en excepte quelques orthodoxes, — d’être leur ami et leur compagnon, et de les considérer eux-mêmes comme ses véritables compatriotes. Même pour la célébration régulière et solennelle de la prière, qui exige, chez les juifs, la présence de dix personnes, l’une d’elles peut être remplacée par un juif baptisé, mais non par un chrétien proprement dit. De même pour tous leurs autres actes religieux. La chose apparaîtrait plus clairement encore, si le christianisme venait à sombrer et à disparaître : les juifs ne cesseraient pas pour cela de faire bloc, en tant que juifs. C’est donc une manière de voir très superficielle et très fausse, que de considérer les juifs uniquement comme secte religieuse. Mais si, pour favoriser cette erreur, on qualifie, par une expression empruntée à l’Église chrétienne, le judaïsme de « confession juive », c’est là une expression radicalement fausse, employée à dessein pour induire en erreur, qui devrait être absolument interdite, « Nation juive » est le terme exact. Les juifs n’ont pas de confession : le monothéisme appartient à leur nationalité et à leur constitution politique, et, chez eux, se comprend de luimême. Oui, cela est bien entendu, le monothéisme et le judaïsme sont des notions réciproques.

Les défauts connus des juifs, inhérents à leur caractère