Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/178

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Tout ce qui est primordial, et par conséquent authentique dans l’homme, agit comme tel, de même que les forces naturelles, inconsciemment. Ce qui a pénétré par la conscience y est devenu une représentation ; par suite, la manifestation de cette conscience est en une certaine mesure la communication d’une représentation. En conséquence, toutes les qualités vraies et éprouvées du caractère et de l’esprit sont originellement inconscientes, et ce n’est que comme telles qu’elles produisent une profonde impression. Tout ce qui, sous ce rapport, est conscient, est déjà corrigé et voulu, dégénère par conséquent déjà en affectation, c’est-à-dire est une tromperie. Ce que l’homme accomplit inconsciemment ne lui coûte aucune peine, et aucune peine ne peut y suppléer. C’est là le caractère des conceptions originelles qui constituent le fond et le noyau de toutes les créations véritables. Voilà pourquoi ce qui est inné est seul authentique et valable. Ceux qui veulent faire quelque chose doivent, en tout ordre d’idées, action, littérature, art, suivre les règles sans les connaître.

Il est certain que mainte personne n’est redevable du bonheur de sa vie qu’à ce qu’elle possède un sourire agréable, qui lui conquiert les cœurs. Cependant ceux-ci feraient mieux de se tenir sur leurs gardes, et de se rappeler, d’après la table mnémonique d’Hamlet, that one rnay smile, and smile, and be a villain< ! —-70-->.

Les gens pourvus de grandes et brillantes qualités