Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/59

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qui avaient passé dans l’Inde la moitié de leur vie.

Pour savoir jusqu’à quel point l’Église anglicane, tremblant sana cesse pour ses bénéfices, jalouse le brahmanisme et est irritée contre lui, il faut avoir entendu les aboiements que les évêques ont poussés il y a quelques années au sein du Parlement ; ils ont continué à les pousser pendant des mois, et, devant l’obstination inévitable des autorités des Indes orientales, ils n’ont cessé de les renouveler ; tout cela uniquement parce que les autorités anglaises, comme il est équitable de le faire dans l’Inde, témoignaient quelques signes de respect extérieur envers l’antique et vénérable religion du pays. Ainsi, quand la procession passe avec l’image des dieux, la garde, officier en tête, sort à sa rencontre et joue du tambour ; un drap rouge est fourni pour recouvrir le char de Jaggernaut, etc. Ce dernier a été effectivement supprimé, avec l’impôt prélevé sur ses pèlerins, en vue de plaire à ces messieurs. En attendant, différents faits doivent faire connaître à ces bénéficiers et porteurs de perruques « très révérends », comme ils se nomment eux-mêmes, qui ne cessent d’exhaler leur rage moyennageuse, aujourd’hui grossière et vulgaire, contre l’antique religion de notre race, que la plupart des Européens qui vivent longtemps dans l’Inde ont au fond du cœur de l’attachement pour le brahmanisme, et lèvent au contraire les épaules au sujet des préjugés religieux sociaux de l’Europe. Un fait entre autres qui les contraria beaucoup, ce fut la remise aux brahmanes par lord Ellenborough, en 1845, de la porte de la pagode de Sumenaut détruite en 1022 par le maudit Mahmoud le