Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/60

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Ghasnévide, et que ledit lord avait rapportée en grande pompe au Bengale. « Tout cela tombe comme les écailles des yeux, dès que l’on a vécu deux années dans l’Inde », me disait un jour un Européen. Même un Français, le monsieur très complaisant et cultivé qui accompagna il y a une dizaine d’années en Europe les dévadassi (vulgò, bayadères), s’écria sur le ton de l’enthousiasme, quand je parlai de la religion de ce pays : « Monsieur, c’est la vraie religion ! » C’est au contraire une chose très drôle, disons-le en passant, de voir avec quel sourire de suffisance quelques serviles philosophastres allemands, comme maints orientalistes qui ne s’attachent qu’à la lettre, envisagent, de la hauteur de leur judaïsme rationaliste, le brahmanisme et le bouddhisme. Je serais vraiment tenté de proposer à ces petits messieurs un engagement au théâtre des singes de la foire de Francfort, si toutefois les descendants d’Hanuman voulaient les tolérer parmi eux.