Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/73

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et ne peut confier ses troupes à personne ; il n’engage pas moins les rebelles à persister courageusement et à attaquer bravement. Ils le font ; mais considérablement affaiblis par son absence, ils éprouvent une défaite complète ; la plupart de leurs chefs sont faits prison-niers, et son propre fils, l’héroïque Hotspur, tombe de la main du prince héritier. — La troisième pièce, la Seconde partie de Henri IV, nous le montre plongé, par la mort de ce fils, dans la plus sauvage fureur et enragé de vengeance. Il attise de nouveau la rébellion ; les chefs de celle-ci s’assemblent une fois encore. Au moment où, au quatrième acte, ils se préparent à livrer la bataille décisive et n’attendent plus que sa jonction avec eux, une lettre arrive : il n’a pu parvenir à rassembler des forces suffisantes, et veut en conséquence, pour l’instant, chercher son salut en Écosse ; il souhaite cependant de tout cœur le meilleur succès à leur héroïque entreprise. Ils se rendent alors au roi en vertu d’une capitulation qui n’est pas respectée, et sont mis à mort.

Bien loin donc que le caractère soit l’œuvre du choix rationnel et de la réflexion, l’intel-lect, en agissant, n’a rien de plus à faire que de présenter les motifs à la volonté. Mais alors il doit observer, en qualité de simple spectateur et témoin, comment leur action sur le caractère donné détermine le cours de la vie, dont tous les processus, à bien l’examiner, se déroulent avec la même nécessité que les mouvements d’une horloge. Je renvoie mes lecteurs sur ce point à mon mémoire couronné sur la Liberté de la volonté. L’illusion d’une liberté complète de la volonté, dans chaque action, qui